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Equipe nationale de cyclisme d'Erythrée Emmanuel Benoit - Reportages Equipe nationale de cyclisme d'Erythrée

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J’ai beaucoup voyagé dans cette région de la corne de l’Afrique avant de m’aventurer en Erythrée au mois de février 2010.

Ce pays de 4 millions d’habitants se situe entre le Soudan à l’Est, l’Ethiopie et Djibouti au Sud et la mer rouge à l’Ouest. Les Erythréens ont combattu pendant trente ans l’Ethiopie pour obtenir leur indépendance. En parallèle, un régime communiste très autoritaire s’est installé sous la présidence de Issayas Afeworki.

ERITV qui diffuse à longueur de journée des images de propagande semble être l’unique chaîne de télévision du pays. Il n’existe qu’un seul quotidien (quatre pages écrites par le gouvernement). La presse internationale, quant à elle, n'est tout simplement pas disponible.

Dans ce contexte un peu délicat, il n’a pas toujours été évident de porter un appareil photographique en bandoulière. Le récit qui suit, extrait de mon carnet de voyage, témoigne d’une belle rencontre où l’utilisation du Polaroid était nécessaire pour faire partager dans l’instant les images produites avec ces sportifs érythréens.

« Au petit matin à l'hôtel Luna de Massawa, les cyclistes prennent leur petit déjeuner. Ils sont accompagnés de leur coach Salomon Samson ainsi que de leur assistant technique Hadi Barhi. Des regards amusés s'échangent et je leur demande s’ils accepteraient que je fasse une série de portraits avant qu'ils montent sur leurs vélos.

Ils appartiennent tous à l'équipe nationale d'Erythrée qui comprend 25 cyclistes au total. Ces neufs cyclistes vont suivre un entraînement intensif d'une semaine au terme duquel 7 d'entre eux seront sélectionnés pour participer au Tour de Libye qui se déroulera du 13 au 17 mars prochain (plus de 600 km à parcourir). Salomon m'avoue que, vu les spécificités topographiques de l'Erythrée (la capitale Asmara est à plus de 2500m d'altitude et Massawa au niveau de la mer) ce n'est pas en Libye que ses coureurs se distingueront le plus. Ce sont en effet de très bons grimpeurs.

Ils ont entre 23 et 25 ans. Le gouvernement est leur principal "Sponsor". Les équipements sont achetés aux Etats-Unis.

Certains sportifs profitent des compétitions à l'étranger pour ne pas rentrer au pays et demander l'asile politique. En réaction, le gouvernement érythréen a imposé à tout sportif voyageant à l'étranger le dépôt d'une caution de 100000 nakfas (5000 euros environ) et l'obligation de rester en compagnie d'officiels tout au long de son séjour…

La prise de vue se déroule dans une atmosphère détendue et chacun prend très au sérieux ce travail photographique. Je suis sur le point de prendre mon bus pour Asmara quand je réalise que je n'ai aucune autorisation pour utiliser ces images. De retour à l'hôtel, je prépare un document qu'ils me signeront. Nous déjeunons finalement tous ensemble à l'hôtel. Ils viennent de faire 80 km et ils dévorent un plat de pâtes suivi d'un poisson. Ici, pas d'amphétamines pour doper ces sportifs. Je bois un thé avec Salomon avant de reprendre mon bus pour Asmara. »